En 1884, le Sud-Ouest africain (actuelle Namibie) est proclamé protectorat allemand. L’année suivante, le mandataire militaire du Kaiser signe un traité d’alliance avec l’un des principaux peuples de la région (les Hereros). Hendrik Witbooi, chef du peuple Nama qui occupe la partie sud du pays, refuse la protection allemande. En 1893, après l’attaque meurtrière de son camp par les troupes du gouverneur Curt Von François, il se lance dans une intense guérilla, durant laquelle il entretient une correspondance avec ses adversaires et ses alliés.
Les lettres de Witbooi portent la voix d’un chef de guerre avisé et convaincu du bien-fondé de sa résistance. Elles montrent aussi sa clairvoyance face à l’écart entre le discours et les desseins du colonisateur occidental.
C’est le livre qui m’a le plus ému cette année. La correspondance d’un chef de guerre à l’ancienne avec un code d’honneur qui tente de s’opposer à la colonisation allemande de ses terres et essaie de dissuader les siens d’accepter la paix que leur proposent les Occidentaux, cette paix qui sera comme le dit le titre, la mort de sa Nation. On voit s’éteindre à petit feu le peuple de Witbooi, à travers les lettres qu’il a écrites entre 1889 et 1905. C’est dans les courriers qu’il adresse aux colonisateurs qu’on sent le plus la tragédie de son peuple, et le fait que plus l’ennemi semble pacifique et plus il va être dangereux et va aller jusqu’à l’extinction de ce peuple. Un très très beau livre, aux éditions le passager clandestin.
Hervé Gardette, France culture
La magnifique correspondance du capitaine de la tribu des Witbooi avec ses ennemis, allemands ou hereros, entre 1889 et 1905.
Claire Devarrieux, Libération
Avez-vous connaissance d’un acteur noir de la vie politique africaine du XIXe siècle qui aurait laissé des écrits témoignant de son action contre les envahisseurs européens ? Non ? Alors, le livre que je vous présente mérite le qualificatif de « plus beau monument de l’histoire africaine du XIXe siècle ».
Raphaël Adjobi, L’Autre Afrik
Préfacé par le Nobel de littérature, J.M. Coetzee, Votre paix sera la mort de ma nation présente les lettres que Hendrik Witbooi, capitaine du Grand Namaqualand, adressa entre 1889 et 1905 aux autorités coloniales allemandes qui voulaient conquérir ce territoire (actuelle Namibie). Opposant une logique de l’honneur et du droit à l’écrasante machine coloniale, le chef érudit s’adresse à ceux qui veulent voler la liberté et l’indépendance de son peuple avec une incroyable courtoisie et des accents poignants.
Le courrier